Tricher aux cartes

Tricher aux cartes

On triche à tous les jeux, mais surtout aux cartes. Tricher au jeu est un art rémunérateur, mais difficile. Il exige une grande dextérité, un long et minutieux entraînement et un aplomb imperturbable.
Les tricheurs sont beaucoup plus nombreux qu’on ne pourrait le croire. On les trouve généralement dans les milieux où l’on joue gros jeu, dans les cercles, dans les maisons de jeu. On les connaît sous le nom de grecs, on les connaît généralement pour tels, mais il est difficile de les prendre sur le fait.

Il s’en trouve fréquemment dans les réunions mondaines, dans les salons où ‘on joue et même dans les sociétés peu nombreuses entre gens de connaissance : là, ce sont presque toujours de vieilles dames qui trichent, non pas toujours par amour du gain, mais pour le plaisir de tricher, de gagner quand même.

Il est très important pour les amateurs honnêtes de jeu qui peuvent être appelés à jouer, au café ou dans les maisons de jeu, avec des inconnus, de savoir qu’il est possible de les tromper. Nous ex plierons comment.

C’est pourquoi cette page est consacrée aux tricheurs et aux tricheries.

Le but n’est pas d’apprendre au lecteur les diverses manières de tricher. L’objectif est d’avertir le lecteur et de l(aider à dévoiler les supercheries s’il y a tricherie, en surveillant (sans en avoir l’air) les mains et les gestes des adversaires suspects.
Nous nous bornerons à dévoiler les principales manières de tricher; les autres n’en étant que des variantes. On triche soit en faisant usage de cartes truquées, soit en maniant d’une certaine façon des cartes normales.

Cartes biseautées

On donne ce nom à des cartes ordinaires dont les deux grands côtés ont été tranchés en sifflet (en biseau) de manière que l’un des bouts soit légèrement plus étroit que l’autre, auquel on a on conservé sa largeur. Cette opération peut se faire au

Massicot , machine à couper le papier

moyen d’un massicot (appareil à trancher le papier, employé par les relieurs ou brocheurs) qui tranche ensemble sur le même côté toutes les cartes qu’on veut réduire ainsi.

Un côté tranché, on retourne le paquet et on opère sur l’autre. La différence de largeur entre les deux bouts doit être très minime, par exemple de un et demi à deux millimètres : c’est à dire qu’elle n’est sensible qu’aux doigts exercés. Avec ce procédé, la section est nette et aucune carte ne dépasse l’autre, de si peu que ce soit.

L’utilité du biseautage pour le tricheur est facile à comprendre. Toutes les cartes sont légèrement plus larges du bas que du haut. Il suffit d’en retourner une dans un jeu bien rangé et l’extrémité de cette dernière dépassera la plus petite largeur des autres. En faisant usage de cartes biseautées, on a soin de les mettre toutes dans le même sens, sauf celles que l’on souhaite faire apparaître un moment donné.

Autres cartes préparées

On se sert aussi d’un jeu dont toutes les cartes, à l’exception de celle qu’on veut pouvoir retrouver sans hésitation, ont été légèrement et uniformément diminuées de largeur au moyen d’un massicot. Le bord des cartes désirées dépassera donc un peu. Avec cette technique il n’est pas nécessaire de les placer dans un sens particulier. Elles ne peuvent servir que pour les coups où l’on n’a à faire apparaître qu’une carte et toujours la même.

Manière de faire sauter la coupe

Couper les cartesIl est constamment utile, pour les tricheurs, de ne pas perdre de vue l’une ou l’autre des cartes du jeu dont on se sert, soit qu’elle doive passer sans le jeu d’un des joueurs, ou qu’on veuille la garder dans son propre jeu pour la produire un moment après, quand son apparition sera nécessaire. Le tricheur obtient ce résultat en faisant sauter la coupe.

Cette opération consiste, tenant le jeu à la main, à le séparer en deux paquets à l’aide du petit doigt et à faire passer le paquet inférieur sur le paquet supérieur sans que les joueurs s’en aperçoivent : au contraire, ils doivent croire que la carte en question (si toutefois ils y font attention, ce qui est rare) est restée parmi les autres, au milieu du jeu, alors qu’elle est en dessus. Les deux mains doivent concourir à cette opération.

Le tricheur se place autant que possible, toujours, de manière à ce que le dos de sa main qui tient le jeu, soit tourné du côté des joueurs.

Faire filer la carte

Magicien transformeFaire filer la carte consiste à substituer une carte à une autre, comme s’il y avait  métamorphose. Cette opération est courante en tricherie.

Il est nécessaire de faire filer la carte rapidement et sans hésitation. L’opérateur ne doit pas regarder les cartes afin que les regards des joueurs ne se fixent pas sur les mouvements de ses mains : il doit parler d’abondance pendant l’exécution, en un mot, faire en sorte que l’observateur le plus méfiant “n’y voit que du feu”.

a) Deux mains

Les deux mains y sont employées. Ayant le jeu ramassé et tenu entre le pouce et l’index de la main gauche, il prend de la droite et tient entre l’index et le majeur la carte à faire filer.

Du pouce de la main gauche il pousse insensiblement vers la main droite la carte qui se trouve sur le jeu, de manière qu’elle dépasse le paquet d’environ la moitié de sa largeur. En même temps, il écarte quelque peu les uns des autres les trois doigts de la main droite restée sans emploi.

Tout en débitant quelque facétie pour amuser l’assistance, il rapproche vivement l’une de l’autre ses deux mains. La carte de la main droite est saisie par les doigts libres de la main gauche, puis par un léger mouvement de l’index, appliquée sous sous le jeu ; et la carte tenue sous le pouce de la main gauche prend entre l’index et le majeur de la main droite la place de celle qui vient de filer.

Aussitôt la substitution accomplie, les deux mains s’éloignent sans affectation l’une de l’autre.

Ce qui est le plus difficile, dans cette opération, ce n’est pas de l’exécuter ; c’est de l’exécuter sous les yeux des assistants sans qu’ils s’en aperçoivent.

On peut n’employer qu’une main pour faire filer la carte, ce qui est d’ailleurs plus difficile. Supposons que vous fassiez l’opération :

b) Une seule main

Vous tenez le jeu de cartes, ramassé sur la paume de la main, celle-ci est présentée à plat et naturellement, le dos en dessous. La carte à faire filer a été placée sur le jeu. Vous la repoussez insensiblement du pouce dans le sens de sa largeur, de manière que son bout extérieur arrive à effleurer la tranche du jeu : elle est alors soutenue à plat par vos doigts étendus. Ensuite, tout en ramenant le pouce,vous attire de la même manière, mais dans e sens opposé, la carte que le déplacement de la première faut se trouver en dessus. Lorsque le bord de celle-ci dépasse d’environ sa demi-longueur la tranche du paquet, le pouce appuie dessus pour faire lever légèrement le bord opposé. A ce moment, vous repoussez vivement du bout de l’index la première carte qui vient s’insérer entre celle que vous maintenez à demi soulevée et le reste du jeu. Elle était la première, elle devient ainsi la deuxième. Vous pouvez craindre que cette dernière carte, au moment où vous la repoussez, ne se place pas tout de suite sur les autres, ce qui arriverait si elle se trouvait un peu plus bas que le dessus du paquet. Vous pouvez y pourvoir au moyen d’une légère ondulation de la paume de la main.

Faire le faux mélange

Mélanger les cartes

Le faux mélange a pour but de ne pas perdre de vue la ou les cartes dont on a besoin pour tricher., tout en ayant l’air de les mêler consciencieusement dans le jeu. Il est également employé pour faire croire aux spectateurs que, puisque l’on mêle ostensiblement les cartes, on ne tient pas à ce qu’elles soient dans un ordre plutôt qu’un autre.

Pour le faux mélange, on affecte donc de mêler (de battre) les cartes comme tout le monde le fait.

Une des manières les plus usitées consiste, ayant fait deux paquets à peu près égaux de cartes à battre, à rapprocher ces deux paquets suivant leur grand côté sans les tenir serrés et à les insérer, en les poussant l’un dans l’autre (du pouce et du majeur ou de l’index). Agissant sur les deux petits côtés, on met toutes les cartes au même niveau.

Pour le faux mélange, les phases de l’opération et le jeu des mains sont à peu près les mêmes. Mais les cartes à insérer dans le jeu, de manière à les retrouver après mélange sans hésitation et qui du reste sont peu nombreuses, sont tenues par la main droite.

Le gros jeu, dans lequel en apparence on fondra ces cartes en les battant toutes est tenu dans la main gauche, mais au lieu de les tenir rangées régulièrement les unes sur les autres, on les étale quelque eu au moyen du pouce, afin que les cartes tenues de la main droite et qui paraîtront tout à l’heure contre ce paquet, s’y glissent plus facilement et bien de la manière conçue.

En glissant les cartes de la main droite dans l’autre paquet, pour les y insérer, on laisse dépasser celles de la main gauche de trois ou quatre centimètres de leur longueur. Alors, on avance sans affectation, vers l’extrémité du jeu, la main droite (dont les spectateurs ne voient que le dos). On saisit entre le pouce et l’index les cartes qui dépassent, on les tire prestement toutes ensemble, et on les fourre sous le paquet principal. Par la suite Par suite de cette action, les cartes que l’on est censé avoir glissées, mêlées dans le jeu se trouvent sous toutes les autres et dans l’ordre qu’elles occupaient lorsqu’elles étaient dans la main droite.

Remarquez que l’on peut encore feindre de continuer à battre l’ensemble du jeu. Pour cela, on a soin, ou de retirer en un seul paquet les quelques cartes glissées tout à l’heure sous le tas et es mettre dessus tout en affectant de mêler les autres, ou bien les laisser où elles sont et battre le jeu sans toucher à celles-là, qui ainsi se retrouvent toujours à la même place et dans le même ordre.

Il existe une autre manière courant de mêler les cartes : elle consiste, tout le monde le sait, tenant une portion du jeu d’un main, à jeter sur ces cartes par petits paquets celles qu’on a dans l’autre main. Le mélange (réel) s’accomplit par le fait que es cartes, en tombant par deux, trois ou quatre sur les précédentes, ne se trouvent forcément plus, l’opération terminée, dans l’ordre où elles étaient auparavant. Le même procédé sert pour le faux mélange. L’une des mains ne tient que la carte, ou le groupe de cartes, que l’on ne veut pas perdre de vue. Sur cette ou ces cartes, l’autre main jette par petits paquets les cartes indifférentes. Les cartes réservées se trouvent ainsi toujours sous le jeu et comme on en sait le nombre, ou qu’on les a laissées légèrement en saillie, on les retrouve toujours au moment voulu. On peut d’ailleurs les faire venir sur le tas ; il suffit que l’on paraisse continuer à battre le tout. On fait passer dessous, en les prenant successivement par petit paquets, toutes les autres cartes, jusqu’à ce que celles-ci se trouvent être les premières.

Enlever (ou escamoter une carte)

Lapin blanc dans un chapeau de magicienIl s’agit de faire disparaître du jeu une carte qui y a été placée par exemple remise ostensiblement après avoir été tirée par un joueur. On a eu soin de la faire placer sur le jeu. On tient le jeu dans la main gauche et là-dessus, on applique la main droite grande ouverte : celle-ci, dans cette position, cache cache aux regards ce qui se passe dans la main gauche. Or, dans cette main gauche, le pouce chasse insensiblement la carte à escamoter vers ‘extrémité des doigts. Quand cette carte est suffisamment détachée des autres, le bout des doigts la fait s’appliquer sous la main droite qui se contracte légèrement pour la retenir, en même temps qu’elle se retire de dessus la gauche. La carte ainsi escamotée peut, si les circonstances s’y prêtent, être glissée dans la manchette ou bien on la laisse tomber à terre (ou sur la table) si l’on ne doit pas être vu. Cela doit se  faire très promptement afin que l’assistance ne voie rien d’anormal dans les positions que doit pendre la main droite. Si l’on ne peut faire disparaître la carte tout de suite, on la garde dans la main toujours un peu contractée et des doigts de celle-ci, on feint de battre le jeu. Les spectateurs ne peuvent se rendre compte de cette action si elle est habilement exécutée, parce qu’il ne voient la main droite que de dos.

Plusieurs techniques en vidéos sur comment tricher aux cartes

Stéphane Vanel


Cela n’a plus rien à voir avec les cartes, mais voici une démonstration du magicien et illusionniste américain, Criss Angel :

Encore une démonstration de Criss rendant vie à un éléphant en peluche :

Le même en train de se créer un cravate

Shin Lim